Logique de supermarché
“Tu veux une fille ou un garçon ?”, “De quelle origine ?”, “Plutôt blond, brun, métisse ?” etc.
Une de mes questions principales sur l’adoption à mes parents concernait le choix de l’enfant. Comment s’effectuait-il ? Était-il possible d’avoir des exigences ?
Si eux n’avaient pas voulu choisir, ils m’ont confié avoir croisé de futurs parents accompagnés de leurs avocats, faisant pieds et mains pour avoir l’enfant parfait.
Je ne peux m’empêcher à chaque fois de me demander si ces personnes auraient agi de même s’ils avaient eu un enfant biologique. Quelques fois, je suis prise d’accès de peur en pensant aux avancées scientifiques, persuadée qu’effectivement certains parents ne résisteront pas à faire leur petite cuisine génétique.
Le plus triste dans tout ça ? Un enfant, ça grandit. Nul·le n’est parfait·e. Quand bien même celui/celle-ci vous semble parfait·e bébé, qu’en sera t-il lorsqu’en grandissant ses traits changeront ? Et quid de leur caractère ?
Les parents retournent-ils leurs enfants au “SAV” ? Essayent-ils de moduler leurs corps ? N’oublions pas que nos corps comme nos esprits sont modulables et que la puberté – comme la croissance – viendront certainement défier les espoirs de parents perfectionnistes.
Cette vie de filtres m’effraie. Mais n’oublions pas qu’il s’agit ici de personnes dont nous parlons, et non d’objets à trier à loisir
 
 

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